#5 On s’en fou : tristement, nous sommes passées de meilleures amies à de parfaites inconnues…

Jamais, non ça jamais, je n’aurais eu l’audace de la priver de son bonheur personnel ; parce que la voir heureuse me rendait moi-même heureuse. Pourtant, je n’aurais jamais pu imaginer qu’un jour son bonheur nous éloignerait l’une de l’autre.

Elle m’en parlait depuis longtemps – de ce garçon, qui selon ses dires, correspondait typiquement à l’homme de sa vie, à cette conception qu’elle avait de l’homme parfait. Elle faisait partie de ce genre de fille mettait qui tout en œuvre pour obtenir coûte que coûte ce qu’elle désirait. Ainsi, elle s’était donc mise en tête qu’elle finirait par avoir ce mec. Naturellement, je l’avais soutenu ! Et puis c’est arrivé, sa marraine la bonne fée avait exhaussé son souhait. Oui, elle avait fini par avoir ce pour quoi elle se battait depuis des mois entiers. Ce garçon. J’étais heureuse pour elle, sincèrement et ce même si dans le fond, je n’avais jamais osé lui dire que ce mec, moi, je ne l’aimais pas. Parce que jamais je n’aurais été en mesure de m’interposer entre eux. S’il la rendait heureuse comme elle le disait si bien, tant mieux ! Moi, je n’avais qu’à fermer ma gueule. Depuis, le temps a passé et petit à petit, malheureusement, malgré elle, malgré moi, malgré nous, nous nous sommes éloignées… Tristement.

Maintenant qu’elle était avec ce mec, elle ne jurait que par lui, parce que l’amour rend fou, l’amour rend aveugle et nous pousse à faire tout et n’importe quoi, passionnément, je sais de quoi je parle ! Alors, disons que dans un sens, je la comprends. Je serai moi-même prête à tout pour ne pas perdre celui que j’aime. Cependant, il arrive par moment que cette obsession amoureuse nous retire une certaine indépendance. S’il ne voulait pas qu’elle fasse telle chose, alors elle ne le ferait pas. Point ! De là, elle a arrêté de faire la route jusqu’au lycée chaque matin, comme on avait l’habitude de le faire depuis deux ans. On ne rentrait plus ensemble en bus le soir. On ne passait plus tous nos week-ends l’une chez l’autre. Même les doux et adorables messages quotidiens commençaient à se faire rares jusqu’à complètement disparaître.

J’ai fait des efforts, je le jure, pensant que peut-être (sait-on jamais), c’était moi qui me faisais des films… J’étais trop naïve, comme toujours lorsque je m’attache un peu (trop) à quelqu’un. Je déteste ça ! Évidemment, elle avait bel et bien changé. On se croisait dans les couloirs ; un petit sourire et juste le temps de se dire bonjour. Sans plus. Malgré des tentatives de ma part pour qu’on puisse se voir, elle se faisait discrète et prétendait ne pas avoir de temps libre. Soit, je suis tout à fait compréhensive mais au fond, je savais qu’elle était avec lui, parce que LUI voulait la voir et il s’en fichait de savoir que ses amies, ses meilleures amies, moi, voulions la voir. Je n’ai jamais été jalouse, loin de là, juste (un peu) déçue. Déçue d’avoir été lâchée cette manière…

Elle avait tellement changé et je n’étais pas la seule à l’avoir remarqué. Elle ne parlait plus à personne, s’adonnant entièrement à ce mec, au risque de ne plus être elle-même. On en était même arrivés à se demander si elle était vraiment heureuse avec lui. Elle est heureuse, dit-elle, alors je ne dis rien et me contente de lui sourire… Ce ne sont pas nos histoires, m’avait répondu mon copain quand je lui avais parlé de mes inquiétudes. Je m’étais donc arrêtée là.

Mais putain de merde, sait-elle qu’elle me manque ? J’ai besoin d’une meilleure amie, de MA meilleure amie. Elle m’a abandonné. Je trouve ça tellement injuste ! J’ai toujours été présente moi, même quand j’ai commencé à sortir avec monsieur. Mais elle n’y est pour rien, d’ailleurs je n’arrive pas a lui en vouloir. J’en souffre énormément mais je ne dis rien… J’aurais aimé la revoir une dernière fois mais c’est impossible. Alors je me raccroche aux souvenirs que j’ai d’elle ; cette vidéo de nous deux. Je la conserve comme un précieux trésor car désormais ce n’est qu’au travers de cela que perdure ce lien fort qui nous unissait. Dans quelques temps, je pars et personne ne sait si je la reverrai un jour… Enfin si, je sais… Je ne l’a reverrai sans doute jamais et à cause de tout cela je garderai en moi une grande tristesse face à la perte d’une amie, d’une sœur. Je tenais tellement à elle, j’espère qu’elle le sait. J’espère qu’elle ne m’oubliera pas….

J’aimerai tellement que tu tombes sur ce texte et que tu comprennes ce que je ressens aujourd’hui, parce que tout ça, tu vois, jamais je n’aurais le courage de te le dire…

Vider mon cœur, j’en avais vraiment besoin. Merci !

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